
Le football réserve parfois des histoires surprenantes. Mais celle-ci dépasse largement le simple cadre du sport.
Début 2026, une vente aux enchères organisée par le club italien AS Roma Women a provoqué une vague d’indignation dans le monde du football… et bien au-delà.
En cause : des shorts portés par des joueuses professionnelles vendus à des prix bien plus élevés que leurs maillots.
Une situation qui pose une question dérangeante : parle-t-on encore de football… ou d’autre chose ?
Une vente caritative qui dérape
À l’origine, l’intention était pourtant louable.
Le club romain décide de mettre aux enchères plusieurs équipements portés en match par ses joueuses via la plateforme spécialisée Match Worn Shirts, dans un objectif caritatif.
Jusque-là, rien d’anormal.
Mais très vite, les résultats interpellent.
- Les maillots se vendent à des prix classiques (souvent moins de 124 €)
- Les shorts, eux, explosent les enchères
Certains dépassent les 300 €, et plusieurs atteignent même plus de 500 €, comme ceux de joueuses telles que Giada Greggi ou Alayah Pilgrim
Un écart totalement inhabituel dans le monde des objets de collection liés au football.
Une incohérence troublante
Dans l’univers des enchères sportives, la logique est pourtant bien connue :
👉 ce sont les maillots qui ont le plus de valeur
👉 car ils symbolisent la performance sportive
👉 et sont les pièces les plus recherchées par les collectionneurs
Ici, c’est l’inverse.
Les shorts – pourtant secondaires dans la symbolique du jeu – deviennent les objets les plus convoités.
Un détail en particulier choque encore davantage :
👉 le short d’une joueuse de seulement 17 ans figurait aussi parmi les ventes
Ce qui a renforcé le malaise autour de cette affaire.
« Une démarche fétichiste » ?
Très rapidement, les réactions ne se font pas attendre.
Plusieurs observateurs dénoncent une dérive inquiétante.
Selon des spécialistes et associations engagées dans la lutte contre le sexisme dans le sport, cette situation ne relève pas du hasard.
👉 Acheter un vêtement « au plus proche du corps »
👉 Sans lien direct avec la performance sportive
👉 Pour certains acheteurs, cela soulève des interrogations
Une responsable de l’association Her Game Too France évoque même une démarche « plus fétichiste que sportive »
Le problème de fond : l’hypersexualisation
Cette polémique met en lumière un sujet bien plus profond :
👉 l’hypersexualisation des femmes dans le sport
Malgré les progrès du football féminin ces dernières années, les joueuses restent encore trop souvent :
- jugées sur leur apparence
- réduites à leur corps
- sexualisées dans certaines situations
Dans ce cas précis, le succès des shorts aux enchères semble illustrer parfaitement ce problème.
Comme le résument certains fans :
👉 « On sait pourquoi ces shorts se vendent… et ça n’a rien à voir avec le football »
Une polémique révélatrice
Cette affaire dépasse largement une simple vente aux enchères.
Elle met en évidence plusieurs réalités :
- Le football féminin continue de lutter pour être reconnu pour ses performances sportives
- Certaines mentalités restent problématiques
- Le succès commercial peut parfois révéler des dérives inattendues
Et surtout, elle pose une question essentielle :
👉 jusqu’où peut aller la marchandisation du sport… et du corps des athlètes ?
Un malaise qui pourrait faire évoluer les choses ?
Face à la polémique, ce type d’initiative pourrait être remis en question à l’avenir.
Les clubs, les plateformes et les instances sportives devront peut-être réfléchir à :
- encadrer ce type de ventes
- mieux protéger l’image des joueuses
- éviter les dérives liées à ce genre de pratiques
Car si le football est un spectacle, il ne doit jamais devenir un prétexte à autre chose.
Conclusion
Ce qui devait être une opération caritative s’est transformé en polémique mondiale.
Les enchères de shorts de footballeuses montrent que le football féminin est encore confronté à des problématiques profondes, bien au-delà du terrain.
Une chose est sûre :
👉 cette affaire restera comme l’un des exemples les plus troublants du décalage entre sport et perception du corps des athlètes.
Un article du Parisien sur ce sujet.