Menacé de mort après l’échec de la Corée du Sud : quand le football devient fou

La Coupe du monde est censée être une fête. Pendant plusieurs semaines, des millions de supporters vibrent devant les exploits, les surprises, les buts de dernière minute et les histoires improbables qui font la beauté du football. Chaque édition offre ses moments de joie, ses héros inattendus et ses scènes de communion populaire.

Mais le Mondial peut aussi montrer une face beaucoup plus sombre. Derrière les chants, les drapeaux et les stades pleins, la pression devient parfois insupportable. Pour certains sélectionneurs, une défaite ne signifie pas seulement la fin d’un rêve sportif. Elle peut déclencher une vague de haine, d’insultes, de menaces et de colère nationale.

C’est exactement ce qui est arrivé à Hong Myung-bo, l’ancien sélectionneur de la Corée du Sud, après l’élimination de son équipe lors de la Coupe du monde 2026.

Une élimination vécue comme une humiliation nationale

La Corée du Sud arrivait au Mondial 2026 avec de grandes attentes. Habituée des Coupes du monde, présente pour la onzième fois consécutive dans la compétition, la sélection sud-coréenne espérait au minimum passer la phase de groupes.

Mais le scénario a tourné au cauchemar. Après une victoire contre la Tchéquie, la Corée du Sud s’est inclinée face au Mexique puis face à l’Afrique du Sud. Résultat : une élimination prématurée, vécue comme un véritable désastre dans le pays.

Hong Myung-bo a rapidement assumé la responsabilité de cet échec et a annoncé sa démission. Mais cela n’a pas suffi à calmer la colère. En Corée du Sud, la déception a dépassé le simple cadre du sport. Des supporters ont lancé des pétitions, les médias ont multiplié les critiques et même le président sud-coréen Lee Jae-myung a demandé une enquête sur les raisons de cet échec.

Des menaces de mort et un départ vers les États-Unis

Le plus inquiétant reste la violence de certaines réactions. Selon plusieurs médias, Hong Myung-bo aurait reçu des menaces de mort après l’élimination de la Corée du Sud. Les autorités ont alors pris la situation très au sérieux.

Lors du retour de l’équipe à l’aéroport d’Incheon, un important dispositif de sécurité aurait été déployé, avec des policiers antiémeutes et des agents de sécurité mobilisés pour éviter tout incident.

Quelques jours plus tard, l’ancien sélectionneur s’est envolé vers les États-Unis. Officiellement, il s’agissait d’un voyage personnel, mais dans le contexte actuel, ce départ a évidemment marqué les esprits. Voir un entraîneur quitter son pays sous une telle pression montre à quel point le football peut parfois basculer dans l’irrationnel.

Quand les sélectionneurs deviennent des boucs émissaires

Le cas de Hong Myung-bo est extrême, mais il n’est pas totalement isolé. Dans l’histoire du football, plusieurs sélectionneurs ont été violemment critiqués après un échec en Coupe du monde ou à l’Euro.

En 2014, Luiz Felipe Scolari a vécu l’un des pires cauchemars de l’histoire du football brésilien. Le Brésil, pays hôte de la Coupe du monde, a été humilié 7-1 par l’Allemagne en demi-finale. Après ce match, Scolari est devenu la cible d’une immense colère populaire. Même s’il avait déjà remporté la Coupe du monde 2002 avec le Brésil, cette défaite historique a détruit son image auprès d’une partie du public.

En 2010, Raymond Domenech a lui aussi été au centre d’un chaos national avec l’équipe de France. Entre l’affaire Anelka, la grève des joueurs à Knysna et l’élimination dès le premier tour, le sélectionneur français a été violemment critiqué par les médias, les supporters et les responsables politiques. Là encore, l’échec sportif s’est transformé en crise nationale.

En 2022, Gerardo Martino a quitté son poste après l’élimination du Mexique dès la phase de groupes de la Coupe du monde. Pour un pays passionné de football, habitué à franchir le premier tour depuis plusieurs décennies, cette sortie prématurée a été vécue comme un échec majeur. Le sélectionneur argentin a été très critiqué et son départ est apparu inévitable.

Plus récemment, Gareth Southgate a également subi une pression énorme avec l’Angleterre. Malgré de bons résultats globaux, il a été régulièrement insulté et contesté par une partie des supporters anglais. Lors de l’Euro 2024, des jets de gobelets et des critiques constantes ont accompagné son parcours, avant son départ après la compétition.

La passion ne doit jamais devenir de la haine

Critiquer un sélectionneur fait partie du football. Les supporters ont le droit d’être déçus, les médias ont le droit d’analyser les choix tactiques et les fédérations ont le droit de demander des comptes après un échec.

Mais il existe une limite évidente : les menaces, la haine et la violence n’ont rien à faire dans le sport.

Un sélectionneur peut se tromper. Il peut rater une compétition. Il peut faire des choix incompris. Mais cela ne justifie jamais de menacer sa sécurité ou celle de sa famille. Le cas de Hong Myung-bo rappelle que le football, lorsqu’il devient une affaire d’orgueil national, peut parfois provoquer des réactions totalement disproportionnées.

La Coupe du monde 2026 continuera sans la Corée du Sud. Elle offrira encore des buts, des surprises, des émotions et peut-être de magnifiques histoires. Mais cette affaire laissera une trace plus triste : celle d’un homme contraint de quitter son poste, puis son pays, après avoir simplement échoué dans une compétition sportive.

Le football est un jeu. Un jeu immense, populaire, passionnel, parfois cruel. Mais il ne devrait jamais devenir une raison de menacer un homme de mort.

L’article de RMC sur le sujet.

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